Beaucoup de questions. Certaines trouvent leurs réponses. D’autres non. Certaines dépendent de Moi. Beaucoup, non.

J’ai envoyé un sms à Freckles. “Pourquoi ne sommes- nous plus proches toi et moi ?”

C’est vrai. Juste après l’Accident, j’ai été me réfugier chez lui. On a tellement été collés l’un à l’autre qu’on nous a cru ensemble. Et en Août, du jour au lendemain, plus rien. Un éloignement sur la pointe des pieds.

Je ne comprends pas ce qui, chez moi, pousse les garçons à partir du jour au lendemain. Je me rappelle du Basque Bordelais. Une amitié éclair qui s’est achevée en rien. En putain de rien. Même pas d’explications.

Freckles a répondu à mon sms. Il dit qu’il n’a pas la réponse à cette question. J’ai répondu par un honnête et impulsif “Remédions-y”.

Honnêtement ça m’ennuie. J’ai l’impression de ne pas avoir toutes les clefs pour comprendre. Certainement d’ailleurs. Oui il a sûrement dû se passer quelque chose pour que nous nous éloignions. Mes nouvelles rencontres ? Ma guérison ? Mon statut marital ?

Mais ça ne peut pas venir (que) de moi. Après tout, j’ai l’impression d’avoir lancé beaucoup d’invitations/sms/perches pour que nous nous voyions.

Suis-je destiné à courir après les amitiés ?

Parfois certaines personnes reviennent par surprise. Quand on ne les attend pas. Comme Champlin. Pourquoi ? Et pourquoi j’y ai beaucoup pensé ? C’est tellement loin. Et si énervant. Pourquoi revenir, même le temps d’un message ? Question que je pourrais poser à l’Hétérochrome également. Parfois je me dis qu’Il avait raison. Mon coeur est un cimetière.

C’est Peau Douce qui m’amuse. Lui et moi avons fait connaissance juste après l’Accident. Lorsque je pleurais le départ de Wall-e. Forcément, il est sur ses gardes avec lui. Et je trouve ça tellement mignon. Tellement adorable.

Pour lui, Wall-e reste le garçon qui m’a brisé le coeur. Il a du mal à le considérer autrement même si lui et moi avons retrouvé notre complicité. Et justement, en sortant de soirée, Peau Douce m’a demandé “Penses-tu que cette complicité soit saine pour toi ?”

Honnêtement. Je ne sais pas. Et vraiment honnêtement… je n’ai pas envie d’en parler.

Tout ce que je sais. Lorsque je l’ai perdu en avril, lorsqu’il m’a dit “tu ne m’as pas manqué”, ça a été horrible. Vraiment. J’ai encore mal rien que d’y repenser. Perdre cette dimension amoureuse, alors était très dur à vivre. Mais au Lendemain, quand je me suis aperçu que j’avais perdu et l’amoureux et l’ami, j’ai ressenti l’envie de m’arracher le coeur avec les mains tant j’avais mal. Quelque part, c’était pire.

C’était un confident. LE confident. Le meilleur ami. On rigole toujours lorsque dans une chanson d’amour on entend la phrase “I’m loosing my best friend”. Et pourtant c’est vrai. Il me connaissait entièrement. Par coeur. Il m’écoutait lui raconter tout ce qui m’arrivait. Absolument tout, avec tous les détails, tous les “alors tu vois…” et “et c’est à ce moment que…”.

Et d’un coup, j’avais tout perdu. Et j’ai eu l’impression de moins le connaître. Qu’il y avait eu un déséquilibre.

Aujourd’hui, on s’est retrouvé. Cette complicité. On s’assied à la même table, et pendant qu’il mange je parle, je parle, je parle et je me perds dans tous les détails possibles pendant qu’il perd le fil. Je sors un cadeau de noël et il en sort un en même temps en disant “je te connais”. Et on parle. Et j’apprends.

J’apprends que quelque part c’était pareil pour lui. Même s’il était heureux ailleurs. Et je découvre ma place désormais.

Et je ne mentirais pas. C’est étrange. Mais je suis content. Tout ce que je souhaite, c’est qu’il ne devienne pas un nouvel Hétérochrome.

“Ca te plait ?”. Oui. “Et moi, je te plais ?”. Oui. “Comment ?”. Beaucoup. Voilà comment j’ai arraché des MOTS au Mâle. Au Starbucks. Dans la file. Je suis parti d’un truc sans intérêt jusqu’à ce qu’il me dise “beaucoup”. Il était rouge de honte. Très embarrassé. Et je suis devenu bizarre.

C’est moi qui ai dû poser les questions. Preuve que j’attendais ces réponses. Il n’a pas encore dit les MOTS magiques. Les pensent-ils au moins ? C’est peut-être un début.

Tout irait pour le mieux si dans mon coeur je ne pouvais pas remplacer indistinctement MOTS par MAUX. Relisez maintenant.

The L Word.

21.01.10

Les choses évoluent c’est inévitable.

Lorsque je me suis réveillé, ce matin-là, je me souviens que l’on m’a dit. C’est Lui ton copain. Et je me souviens, assez tristement d’ailleurs aujourd’hui, que j’ai passé les premiers mois de notre relation à le tenir à l’écart. Une forteresse bien gardée.

Emmène-moi en weekend. Oui. C’est ce que j’ai dit. Emmène-moi en weekend.

J’ai passé mon temps à ne pas inclure de dimension sentimentale à notre couple. Pour me protéger. Mais je ne tiens plus apparemment. Et depuis un bon moment. Je l’invite à la maison. Je lui offre quelque chose de précieux et je reste pendu à ses lèvres.

J’attends. Mais ça ne vient pas. Il ne le dit pas.

Je m’étais promis de ne plus jamais ni le dire ni le ressentir. J’avais même dit J A M A I S.

Mais plusieurs fois, face à lui, je me suis dit que c’était le moment. Le moment où dans n’importe quelle situation, n’importe quel couple, n’importe quelle personne, il fallait le dire.

Mais non.

La veille de son départ en vacances, c’était la première fois où j’ai ressenti que c’était le Moment. Depuis, c’est tout le temps. Je me demande tout le temps pourquoi ça ne sort pas.

Ca me rend réellement triste. Cette absence de mots. J’ai toujours fonctionné avec ces mots. Et en même temps, j’ai tellement peur que ça arrive. Je suis terrorisé à l’idée qu’il me les dise.

Je ne sais pas quoi faire.

Alors quand mon propre corps me trahit, demande des câlins, se rapproche, se réchauffe, et laisse échapper une phrase telle que “emmène-moi en weekend”, je ne cesse de me poser des questions et de me souvenir.

Le Macho me l’a dit quand c’était trop tard. Cayétano me l’a dit très vite. Champlin me l’a dit impulsivement en raccrochant. Wall-e me  l’a dit posément une nuit ma tête sur son épaule…

Oui, quelque part je souhaite l’entendre à nouveau. Si je dois refaire tomber cette forteresse, je souhaite que ce soit par ces mots.

Pourquoi ne les dit-il pas ? Et surtout pourquoi est-ce que je les attends ?

Je déteste ça.

Et si lui ne les dit pas, un autre le fera-t-il ?

Ca fait huit. Et j’ai peur qu’ils deviennent dix.

Je rebondis sur ce billet du Poulpe.

Petit j’étais un ange. Littéralement. Pas une bêtise. Pas un pet de travers. Rien. Un petit garçon tout blond aux yeux verts (Mère Nature a repris ses droits depuis…). Tellement sage. Tellement ennuyant…. Que les gens préféraient mes frères. Beaucoup plus turbulents.

Mon tout petit frère. Lui, c’était la bête noire de la cour au jardin d’enfants. Il avait quatre ans à peine. Et si on lui demandait “salut, comment tu t’appelles ?”, il répondait “Nique ta mère la pute !”… même à ses maîtresses. Un jour, l’école maternelle a appelé ma Mère en urgence à son travail. Arrivée sur les lieux, ma Mère a découvert mon petit frère avec une énoooorme mèche de cheveux dans la main. Mèche qu’il refusait clairement de lâcher. On a jamais su ce que la petite Ajar lui avait fait, mais elle était désormais chauve sur une partie de la tête…

Et devenu grand, il ne s’est absolument pas calmé. Un mot de travers et il détruit la personne. D’où un casier judiciaire agrémenté de jolis visas exotiques. Séjour de deux nuits pension complète en garde à vue un 24 décembre notamment. Chaque année, le 24, on le regarde et on se demande si les flics vont venir le chercher comme cette année là. Taquinade qui nous fait tous hurler de rire… maintenant.

Autre fait marquant. Un courrier de son lycée, il y a deux ans. “Votre fils souhaitait sortir du lycée alors que le surveillant lui intimait l’ordre de rester dans l’enceinte. Il y avait une bagarre à l’extérieur et nous craignions pour la sécurité de nos étudiants. Outrepassant ses ordres, votre fils a PORTE le surveillant et l’a DEPLACE de façon à pouvoir sortir.” Ce courrier m’avait fait mourir de rire. Il fait 1m90 pour 95kgs. Oui, il en est capable…

Mon moyen frère. Lui, c’était le vice. Et les conneries par derrière. Un jour, il s’est enfermé sur le balcon puis m’a appelé. Il avait pris un bout de bois, et avait voulu le tailler avec un canif… sauf qu’il s’était taillé la main. Grande balance que j’étais.. je suis, il m’a demandé de ne rien dire. Mais comme il saignait beaucoup, j’avais dû le dire à mes parents…

Plus vicieuse, la fois où mon frère est arrivé au lycée et a offert à une fille qui était croque love de lui un cadeau, joliment emballé. Toute contente, elle l’a ouvert devant toute la classe. C’était une boîte de bouffe pour chat…

Alors oui, j’étais sage. Adorable. Mais… En fait, en grandissant, je suis devenu une vraie peste. J’en avais marre de m’évertuer à être sage alors que les gens préféraient mes frères. Du coup, j’ai surtout été horrible… avec mes frères.

Ou comment, je suis responsable d’une mutilation sur un doigt de mon moyen frère. C’était en Algérie, pendant les vacances. Mon frère avait été méchant avec moi alors… j’ai violemment refermé la portière de la Renault 20 sur son index. Arrivés aux urgences de l’Hôpital, on a tous séché sur la question du docteur “où est le morceau qui est tombé ?”. Du coup, il lui manque une phalange. Et le pire dans tout ça, c’est que quelques années après, rebelotte avec une porte blindée….

Mais, pourquoi donc, nous, on ne se prenait pas de TléHa, la Torgnole  algérienne comme Poulpi ?  A neuf ans, j’ai dépassé mon père en taille et il m’a dit. “T’es grand maintenant, je peux pas te frapper”… Je fais 1m83. Le moyen fait 1m85. Le plus petit fait 1M90. Mes parents ont détesté avoir des grands…

Mais la plus mignonne de nos histoires. Celle qui nous attendrit tous aujourd’hui – et qui montre que j’ai été une balance très jeune – c’est le jour où ma mère est revenue du travail et nous a retrouvé dans la cuisine en train de tout ranger. “Mais qu’est-ce que vous avez fait ?”. Mes petits frères ont démenti. “Rien Maman, on voulait t’aider c’est tout”. Et moi qui ne POUVAIS CLAIREMENT PAS mentir. “Dis Maman, tu sens pas comme une odeur de verre cassé ?”.

On avait cassé une des bouteilles d’eau en verre de mon père et on avait tout rangé… sauf mon impassible besoin de tout dire à Maman.

Je n’arrive pas à écrire. C’est devenu trop compliqué.

Plus j’écris, plus je me rappelle. Et si je me rappelle, je ne suis plus amnésique. Et si je ne suis plus amnésique, je suis… Lui.

Je me suis souvenu de Ponyo. Et j’ai pu le dire. J’ai pu dire que j’avais eu mal cette soirée-là. Ce n’était surement pas le moment. Ce n’était pas forcément très juste. Mais je l’ai dit.

Il s’est souvenu qu’il avait été désagréable. Souvenu comme si cela avait été volontaire. Et lorsque je repense à mon Mal ce soir-là, j’avoue que ça m’attriste toujours. C’était une chance pour moi de voir avec Lui un film de ce genre, de ce studio. Et j’en rêvais depuis notre rencontre. Et c’était tout simplement horrible pour moi. Ma dernière chance pour ce genre de film. Et la Fin.

L’Hétérochrome s’est souvenu de moi. Il m’a envoyé un message. Deux pour être exact. “Je vais me rapprocher de toi durant cette année”. Comme toujours des grands mots, des grandes phrases… pour des actes finalement si simples. Je n’ai rien ressenti. J’ai même été plutôt embarrassé. Je me demande si je l’attends réellement. Est-ce nécessaire ?

J’ai fait revenir Wall-e sans hésitation. Ce n’était pourtant pas facile. Mais j’en suis ravi. Et Lui ? Il n’y a toujours eu de la place que pour un. L’Hétérochrome peut-il revenir ? Et comment ?

C’est ce que je lui ai dit. Fais-tu partie de ceux que j’ai rayé ? Ou de ceux qui doivent rester ? Et prouve-le.

Wall-e. Je voulais le surprendre. J’ai couru dans tout Paris pour lui trouver un cadeau de Noël. Ma carte bleue y a même laissé la vie. Non pas que c’était hors de prix, juste que c’était le prix de trop. Mais je tenais réellement à lui offrir un cadeau. Un cadeau personnel. Qui nous soude. Un cadeau que je n’aurais pu offrir qu’à Lui. Et surtout un cadeau qu’il n’attendait pas.

J’ai sorti son cadeau. Surprise ! Surprise ?! Surprise ?… Non.

“Je savais que tu m’offrirais un cadeau, alors… voilà pour toiiii”.

Et elle est là la surprise. La vraie. Non pas tant le cadeau. Mais l’Attention.

Il parait qu’on était mignon à voir. Dans ce resto. A nous échanger nos cadeaux. Et je me suis souvenu de l’an dernier. Et de ce superbe cadeau que j’aime tellement.

J’ai aimé que l’on se parle ce soir-là même si nous ne pouvons pas tout nous dire. J’aimerais qu’Il soit heureux. Là je pense quelque chose que je n’écrirai pas. Et Je trouve ça bête de séparer des personnes pour les laisser quelques mois plus tard se demander l’une à l’autre si elles pourront un jour retomber amoureuses de quelqu’un. C’est une faille dans le grand dessein. Un bug dans la matrice. Un couille dans le potage. Oui. Cette dernière image est moche. La situation l’était aussi.

C’est décousu. Je pense à mille et une choses. J’aimerais tout écrire mais ça ne va pas ensemble. Et je n’y arrive pas.

Aurais-je un cadeau de Noël de mon propre copain ? Je l’ignore. Il m’a bien offert quelque chose à son retour de vacances mais rien qui n’arrête ce cri qui revient le soir avant de me coucher.

La dernière pensée. Celle qui survient juste quand les paupières se ferment. Quand on relâche tout. Quand l’on devient vulnérable. Quand tout se fait plus léger. Quand cette voix vous murmure de changer de travail et vous tord le coeur parce que vous savez que vous devez le faire. Quand elle vous rappelle ces petits trucs auxquels il faut que vous pensiez le lendemain au réveil mais dont vous ne vous rappelez jamais.

La dernière pensée. La Vérité. Qu’elle soit universelle ou seulement un cri du coeur.

Celle qui dit que c’est vraiment dommage. Celle qui prie. Celle qui rêve de retomber amoureuse. Celle qui me parle du futur. Celle qui fait tellement mal que je ne peux même pas dire ce qu’elle me dit.

Je l’appelle innocemment Vérité. Parce qu’elle n’est dictée par personne. Elle survient simplement.

Suis-je le seul à l’entendre ? Et que vous dit-elle ? Qu’est-ce-qu’elle te dit à Toi ? à Toi et à Toi ? Que va-t-elle dire à tous ceux auxquels je pense ? Ceux que j’ai pleuré. Ceux que je pleure encore. Ceux que je regrette. Ceux dont je me souviens.

Et pourquoi est-ce que je souhaite le savoir ?

Où en es-tu ? Que reste-t-il de ton amnésie ? Je te vois sourire. Rire même. Je te sens croire à nouveau. Croire en des choses auxquelles tu avais juré de ne plus jamais penser. Je ressens ton besoin, ce feu en toi, de l’entendre à nouveau, le dire à nouveau. Tu ne sais juste pas à qui. Pour qui. Pour Lui ? Lequel ?

Ta mémoire. Est-elle revenue ? Etait-elle vraiment partie ?

Non tu n’as pas pu oublier. Tu ne peux pas oublier. Tu t’es toujours souvenu de tout. Pourquoi avoir joué l’amnésique ? Tes désirs pour des réalités ? Peut-être pour respirer.

Je t’ai vu rencontrer ce garçon. Cet homme pardon. Pour toi c’est un homme. J’ai eu de la peine lorsque tu refusais de t’ouvrir à lui. Quand cela te faisait souffrir. J’ai eu de la peine de te voir l’empêcher de prendre de la place. Prendre des habitudes. Une routine. Et puis. Et puis. Et puis. Raconte. Tu n’y arrives pas. C’est drôle comme tu es élusif lorsqu’il s’agit de lui. Parle m’en.

Tu as peur. Tellement peur de tomber amoureux. Tout se passe bien sans sentiments. Ne me mens pas. Toi, tu es obligé de ressentir des choses. Tu as de sentiments pour lui ? Pardon. Désolé je ne poserai plus cette question. J’ai appris qu’il était parti trois semaines au bout du monde. Et toi ? C’est la seconde fois que tu laisses partir quelqu’un ? Il te manque ? Changeons de sujet.

Raconte moi. Tu as dis adieu à des personnes que tu aimais. Et encore aujourd’hui tu es triste de te dire que c’est fini. Surtout quand tu les as face à toi. C’est dur de penser à lui qui est loin et qui semble t’avoir finalement oublié. Mais tu ne souhaites toujours pas les faire revenir. Tu les observes. Tu les espionnes même. Mais pour toi rien ne sera plus comme avant.

J’aime te voir entouré de nouvelles personnes. On t’avait dit que tu ne resterais pas longtemps seul de toutes façons. Et c’est vrai. Regarde autour de toi. Des garçons. Des câlins. Des baisers. Des sorties. Des soirées. Des attentions. Et des cadeaux. Tu sais que c’est en partie ce qui t’a permis de survivre, n’est-ce-pas ?

J’ai été étonné. Des retours. Le Sien notamment. Ca ne doit pas être évident. J’imagine que tu dois le regarder et te dire que ce n’est pas le même. Que tu ne dois plus le considérer comme le même. Ca me fait vraiment plaisir de te voir lui reparler, rire et t’amuser avec lui. Je ne suis pas le seul j’en suis sûr. Et j’ai été très touché de toutes ses attentions. Je sais aussi que ça t’ennuie tous ces messages et questions de personnes sur vous. Je comprends que tu souhaites protéger ton jardin secret. Je peux en garder la clef.

Dis-moi. Que vas-tu faire maintenant ? Je t’observe. Tu as tenu bon. Tu ne pleures plus. Enfin… plus autant. Mais c’est Toi, tu restes un jeune homme sensible que la nostalgie, les souvenirs, les événements parfois font pleurer. Tu es comme ça. On t’aime pour ça.

Je voudrais juste que tu fasses attention à toi. Ne regarde pas en arrière. Coupe les derniers fils qui t’attachent les chevilles. Tu sais de qui je parle. Souris toujours quoiqu’il arrive. Sois honnête. Tu sais que j’aime secrètement cette auréole que l’on t’a mise sur la tête même si elle te gêne. J’aime que l’on te sache pur.

J’aime que l’on t’aime.

Je crois que c’est ton dernier message cette année. Mais sait-on jamais. Je souhaite que 2010 te ramène la sérénité perdue et ta tranquillité de coeur. J’aimerais que dans peu de temps tu répondes à ma question.

J’aimerais que tu me dises bientôt “Oui, je suis heureux”.

Oslo. Ou qui que tu sois. Peu importe ton/tes nom/noms. Pense à 2009 comme à une éclipse. Une simple éclipse de Lune. Et dis-toi que la Lune finit toujours par réapparaître quelque part dans le ciel.

Il suffit d’attendre.

Santa’s Bitch.

22.12.09

Le Sapin est mis. Très en retard je sais. On reconnaîtra sur ces photos, Brigitte ma coloc’ qui prend peu de place et la boule Santa’s Bitch, adorable cadeau d’anniversaire du Baron venu tout droit de New York.

Et puisque je parle de cadeaux d’anniversaire, j’en reçois toujours. Encore encore encore ! Des choupinous, des gourmands, des inattendus, des Mongolas. Merci pour tous ces cadeaux. <3

Près de mon lit, il y a toujours de quoi noter. Feuille-papier-stylo. Ou simplement mon téléphone.

Pour noter ce qui arrive dans ma tête. Phrases toutes faites. Idées. Choses à ne pas oublier.

Pour noter mes rêves. Pouvoir m’en rappeler au réveil. Pouvoir les comprendre. Les analyser. Et m’en servir.

Je rêve énormément. Bien plus que la journée. La nuit, je dors – je rêve. Si ma nuit est divisée, je fais autant de rêves que je ferme les yeux. Il m’est arrivé d’en faire plusieurs d’affilée. Et même d’y retourner lorsque l’on m’y a extrait brutalement (très rare).

Mes rêves me font me sentir bien. Il m’arrive souvent de me coucher et de demander de rêver d’une personne. Fais-moi rêver de Lui. De Lui. Ou surtout de Lui.

Je me souviens des rêves sur Allan. Le garçon dont j’étais amoureux en Cinquième. Des rêves sur Benjamin. Un collègue dont j’étais complètement dingue. Des rêves sur Dios, l’homme de ma vie. Les rêves qui me rendaient si heureux. Parce que c’était une réalité autre.

Je fais, en revanche, peu de cauchemars. Mais ils sont particulièrement traumatisants. Et je me suis déjà réveillé en pleurs dans mon lit. Seul ou avec Eux. Mes Copains.

Je me souviens d’un matin, très tôt chez Cayetano. Je me rappelle de ce rêve. Perdre un de mes frères. Me réveiller en pleurant puis téléphoner pour savoir si tout va bien. Je me souviens de cette nuit avec Wall-e. Ce cauchemar oppressant. Me réveiller en pleurs aussi  et m’enfoncer dans ses bras.

J’ai besoin de mes rêves. Besoin de ce Monde qui est le mien. Ce monde étrange dans lequel je retourne chaque nuit. Plus jeune je me suis amusé à faire une cartographie de ce monde.

Le Cimetière dans les Flaques d’Eau près de l’église. Le Clocher Orchidée dans la forêt sombre. Le Barrage Industriel près des grands bâtiments. J’ai tout mis sur une carte. Tout est logique.

Dernièrement mes rêves sont particuliers. Il est très présent. A mi-chemin entre ce qu’il a été, ce qu’il est et ce que je souhaite qu’il soit. Ca m’étonne. Je ne rêve habituellement pas facilement de ceux que j’aime.

Hier. Etrangement. Il y avait l’Hétérochrome. Un rêve de Lui et de neige. Hervé est triste quand il voit la neige. Parce que quand il neigeait, il avait pris l’habitude d’appeler son copain pour l’avertir. Et l’an dernier, fraîchement séparé, il avait compris que rien ne serait plus comme avant. Pourrait-il continuer à l’appeler ? On en avait parlé. Je trouvais cela horrible. Et j’ai, comme je le fais si bien, assimilé la neige à cette histoire.

Du coup, au réveil ce matin. J’ai beaucoup pensé à Lui. La Neige, Lui. Lui envoyer un message comme l’an dernier ?

Je n’ai rien fait.

Je rêve de Toi, de Moi, de Nous, d’Eux, de Lui, de Lui, de Lui, de tous ces Lui(s), de tous mes Lui(s).

Je n’ai jamais autant souhaité y vivre que depuis l’accident.

Avant, je souhaitais m’enfuir à dix mille kilomètres. Maintenant, je rêve de pouvoir y vivre.

J’aimerais qu’on s’y retrouve d’ailleurs.

Je souhaitais expliquer pourquoi je m’étais enfui hier. L’état d’esprit dans lequel j’ai pris mon bus de nuit puis marché dans ce froid. Les larmes que je n’ai pas réussi à sortir suite à cela. Et la triste découverte que j’ai faite au petit matin en arrivant chez moi.

Mais je n’y arrive pas. Ca n’a plus la même importance.

Je sais juste qu’hier je me suis à nouveau enfui de la boîte assez mal en point (comprendre triste pas bourré). Qu’arrivé chez moi, j’avais résolu une partie du problème. Que le voir cet après-midi c’était bon même si je parle trop. Que son superbe cadeau m’a fait plus que plaisir. Qu’à l’inverse je me sens mal de ne pas avoir pu lui en faire un à l’époque. Que j’espère qu’il ne tombera pas sur ce tweet parce qu’il risque de lui faire de la peine comme j’en ai ressenti hier en partant. Que je ne m’inquiète pas parce qu’il est plus fort que moi. Que je continuerai à lui offrir des chocolats même s’il doit finir obèse. Que j’adore le faire rire (et râler). Que j’ai envie de continuer à le connaître même s’il a déjà plein d’amis. Que je l’aime beaucoup malgré tout.

Quant à moi je sais que plus jamais je ne veux m’entendre me dire que mon Rêve est impossible. Que j’aimerais vraiment re-tomber amoureux pour me sentir bien de nouveau et sourire du bonheur des autres. Que j’aimerais en attendant être à l’épreuve des balles. Etre invincible.

L’Histoire de cette Princesse et de son miroir n’a toujours pas de fin. Je ne l’ai pas encore écrite. Doit-elle réellement mourir ?

Ce que j’ai écrit n’a ni queue ni tête.

Ne cherchons pas à comprendre.

Et passons à la suite.

Geschenke.

10.12.09

Ca n’arrive qu’à chaque anniversaire post-rupture douloureuse. Ma famille compense, sans le savoir. Et je me retrouve avec beaucoup de cadeaux. Trop pour nous. C’était arrivé après Champlin. Et rebelotte cette année.

Le Mâle est parti. Trois semaines en Australie. C’est étrange.

Nous pouvons rester des jours sans nous voir, sans nous appeler ou sans nous envoyer de messages. C’est comme ça. Je suis très détaché de lui. J’ai ma vie. Il a la sienne. Il ne m’accompagne pas quand je sors. Je ne l’accompagne pas quand il sort.

En en parlant ainsi, j’avoue comprendre pourquoi beaucoup de personnes se posent des questions sur lui. “Existe-t-il ?”, entre autres. Je vous rassure, j’ai passé l’âge de m’inventer un copain.

L’autre question qui revient et qui est vraiment gênante pour moi c’est “je croyais que ça n’allait pas durer ?”.

C’est vrai. C’est une question que je me suis moi-même posé. Cet été.

Je me battais. Contre de futurs sentiments inévitables. Contre une vérité qui me dérangeait. Un fait simple et absolu. C’est fini. Ne te retourne pas.

Et puis j’ai arrêté. Je suis monté dans la barque. Et je me suis laissé emporter.

J’ai installé une routine et des repères dans cette relation. Je l’ai laissé me serrer dans ses bras la nuit. Je me suis laissé aller à être moi face à lui. Fou-fou. Tendre…

Et j’ai surtout arrêté de me poser des questions. (mensonge).

Avant de partir pour l’Australie, il m’a remis ses cadeaux pour mon anniversaire. J’ai senti que c’était le moment. Le moment de nous dire des choses peut-être. Parce que non, je ne lui ai jamais rien dit. Je ne sais même pas si je les ressens.

Mais je sais pas. Face à face. Je ne pensais qu’à ça.

Et puis je me suis souvenu que j’avais déjà dit “je t’aime” sous le coup de l’émotion. Après tout, il part pour trois semaines, et il vient de m’offrir des cadeaux. Attendons que l’émotion passe.

C’est ce que je me suis dit.

Ca et… cette promesse que je me suis faite.

Ne plus jamais le dire.

Les mots étaient dans ma bouche. Emotion sans doute. Mais impossible de les faire sortir.

Tenu par ma promesse.

Alors je n’ai rien dit.

Encore trop compliqué, n’est-ce pas ?